Une auberge de jeunesse à Concarneau, cela n'a rien de nouveau. Dès les années trente, une auberge de jeunesse a ouvert ses portes dans la ville des Filets bleus. Avec une histoire humaine et sociale aussi riche que celle qui existe ici, ouvrir une auberge ici était une évidence.

Abri du marin de Concarneau

Le temps n'a pas changé les choses quand, en 1959, la municipalité a décidé d'allouer l'ancien bâtiment du grand abri du marin de Concarneau (à ne pas confondre avec celui du Passage-Lanriec, village avoisinant qui fut intégré à Concarneau en 1959, de quelques mois plus ancien) à la nouvelle auberge de jeunesse.

Héberger l'Auberge dans ce lieu chargé d'histoire était une évidence et permettait de conserver une continuité sociale à la structure. Cela fait plus de cinquante ans que les passagers de l'Auberge posent leur sac à l'Abri, pour un jour ou plusieurs, comme le faisaient avant eux les marins-pêcheurs.

Durant plusieurs dizaines d'années, l'Auberge trouva aussi à s'étendre sur la criée au thon adjacente, ce qui lui permit de multiplier par deux sa capacité d'accueil. Et ce n'était pas de trop! Depuis 2014, la criée au thon est devenue le Pôle nautique Guy-Cotten, et l'Auberge a perdu la moitié de ses lits. Une solution est recherchée avec la municipalité pour utiliser les lits du Pôle nautique hors périodes de stage. Affaire à suivre...

 

Un peu d'histoire: les abris du marin

Les abris du marin ont été créé par Jacques de Thézac, philanthrope français, à partir de la fin du XIXe siècle. Le but était d'une part de procurer de meilleures conditions de vie aux marins-pêcheurs pendant leur campagne et d'éloigner d'eux la tentation de l'alcoolisme.

Emplacement des abris

L'idée n'était pas seulement altruiste, elle avait du sens. Ici, les marins ne trouvaient pas seulement un lieu où dormir à l'abri, mais aussi une salle de classe pour les cours de navigation, une salle de spectacle, avec les tours de chant de Botrel ou les conférences sur les méfaits de l'alcoolisme, un préau où effectuer de l'exercice, un endroit où ramender les filets, un dortoir où dormir au sec, serrés comme des sardines (le confort s'est amélioré depuis!) les uns contre les autres, au lieu de cabaner sous la voile, livrés aux intempéries...